26.06.2020 | Luca Emmanuele

Mécanismes de rémunération: la nécessité d’une vision globale

Luca Emmanuele

est le chef Gestion des achats Prestations de la CSS Assurance.

Dans la configuration actuelle, les soins intégrés ne sont que partiellement perceptibles. Il est nécessaire de mettre en place des mécanismes de rémunération avec une vision globale et des modèles adaptés à la réalité.

Le paysage actuel de la fourniture de soins se caractérise par de mauvaises incitations, l’asymétrie de l’information et une collaboration non contraignante. Les assureurs-maladie réagissent à cette situation en appliquant des modèles d’assurance alternatifs qui ne débouchent que rarement sur des structures de soins intégrés. De nouvelles conditions-cadres pourraient donner des impulsions prometteuses pour de meilleurs modèles de rémunération et de collaboration, mais aussi pour des produits d’assurance inédits. Du moins si tout cela n’était pas contrebalancé par les systèmes de rémunération actuels. Il n’y a aucune imbrication entre ces systèmes, ce qui cimente les luttes individualistes et l’action sectorielle. Les fournisseurs de prestations ne sont pas incités sur le plan financier à établir et à maintenir des soins intégrés.

La CSS est donc favorable à des modifications importantes des conditions-cadres: un mécanisme de rémunération avec une vision globale et des résultats mesurables (p. ex. l’efficacité d’un traitement) peut apporter des incitations financières suffisantes. En outre, il faudrait que les autorisations de pratiquer et les mandats de prestation ne soient octroyés qu’à condition d’adhérer aux soins intégrés. De tels changements radicaux susciteront une certaine résistance de la part des fournisseurs de prestations. C’est la raison pour laquelle il faut les inclure dans la planification à long terme.

Au vu des nombreux points de contact à l’intérieur du système de soins et des interdépendances entre les niveaux de fourniture, la mise en place d’un modèle général unique semble peu prometteuse. Il faut viser des modèles régionaux (urbains vs ruraux) et axés sur le contenu (en rapport avec le diagnostic, p. ex. un parcours de traitement pour le diabète, ou avec l’urgence, p. ex. un parcours pour les maladies aiguës et chroniques). Il devra être possible de réagir de manière intégrée pour chaque cas individuel. Pour y parvenir, il faut disposer d’informations transparentes concernant le traitement et renforcer le caractère contraignant de la collaborationentre les fournisseurs. Les conditions-cadres nepourront faire office de catalyseurs que si elles sont cohérentes pour tous, à tous les niveaux. Pour les patients également, puisque ce sont eux qui décident quelles prestations demander et quels fournisseurs de soins choisir.

Dans la graphique suivante la CSS propose comme base de discussion deux modèles de l’évolution des soins intégrés à l’avenir.

Commentaires