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Comment le DEP est devenu un pétard mouillé

Roman Seiler, journaliste économique

18. février 2022

On n’arrête pas le progrès! Grâce au certificat COVID, je dispose d’un justificatif numérique de vaccination. Une première. En revanche, je suis incapable de dire à quand remonte mon dernier vaccin contre le tétanos, puisque je ne retrouve plus mon carnet de vaccination.

Il serait si pratique de pouvoir compter sur un dossier électronique du patient (DEP) pour conserver ces informations en lieu sûr. Mais une fois de plus, nos processus décisionnels complexes sur le plan politique et une obsession de la perfection au niveau fédéral ralentissent la mise en œuvre d’un tel projet. Et le rendent plus coûteux.

Pourtant, le DEP n’offre que des avantages: il permet d’accéder facilement aux médicaments prescrits ou aux rapports des médecins et autres fournisseurs de prestations. En cas d’urgence, les médecins peuvent obtenir en quelques clics une vue d’ensemble de l’état de santé d’un patient, et peut-être ainsi lui sauver la vie.

«La complexité des processus décisionnels et l’obsession de la perfection au niveau fédéral ralentissent la mise en œuvre.»

Roman Seiler

Reste qu’actuellement, les DEP ne peuvent être ouverts que dans quelques cantons. Pour savoir quand mon canton fera partie des heureux élus, je dois m’armer de patience. Prenons l’exemple de Zurich, où je réside. Sur le site officiel patientendossier.ch, on me dit qu’on m’informera dès que le DEP sera disponible dans ma région. Et auprès de ma caisse-maladie, on m’indique en substance qu’on espère que cela viendra, mais qu’aucune annonce à ce sujet n’est attendue dans un avenir proche. Certes, plus de 400 pharmacies partout en Suisse proposeront le DEP dans le courant de l’année prochaine.

Malgré cela, il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Car, pour l’instant, seuls les hôpitaux et les cliniques de rééducation doivent enregistrer les données de traitement dans un DEP. Pour la grande majorité des médecins qui exercent en ambulatoire, le DEP restera encore optionnel pour un bon moment. En effet, l’obligation du DEP pour l’ensemble du corps médical exigée par le Parlement – contre la volonté du Conseil fédéral, soit dit en passant – ne remonte qu’à l’année dernière.

Et pour couronner le tout, le Conseil fédéral souhaite annoncer prochainement la suite à donner au DEP pour éviter que le dossier ne devienne un coûteux pétard mouillé. Pour l’heure, on ignore si et quand l’une ou l’autre de ces mesures sera mise en œuvre. On aura rarement vu une telle débâcle.

Roman Seiler

Roman Seiler est journaliste économique retraité. Depuis 1995, il publie régulièrement des articles et commentaires au sujet du système de santé. Il a notamment écrit pour le journal «cash», le groupe Blick et CH Media.

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