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Le danger des hausses de primes fulgurantes

Roman Seiler, journaliste économique

9. juin 2022

Rappelons qu’au printemps 2007, Migros et Coop distribuaient des masques de protection pour freiner la propagation de la grippe aviaire et ainsi éviter une pandémie. De telles situations induisent des coûts de traitement qu’il est impossible de prévoir, et c’est pour financer ces coûts que les assureurs-maladie constituent des réserves.

Le contexte sanitaire de l’époque n’a cependant pas empêché Pascal Couchepin, alors ministre de la santé, d’ordonner une nouvelle réduction de ces réserves dans l’assurance de base. C’est ainsi qu’en 2008, la hausse des primes pour les adultes s’est élevée en moyenne à 0,5%, soit la plus faible hausse depuis l’introduction de l’assurance-maladie obligatoire en 1996.

Cependant, très rapidement, le nouveau montant minimal des réserves n’a pu être atteint et, pour reconstituer ce coussin de capital, les primes pour 2010 et 2011 ont dû être augmentées respectivement de 8,7% et 6,5%. Sans surprise, les expériences de «réduction contrôlée des réserves», qui avaient déjà lamentablement échoué auparavant, se sont soldées par des hausses de primes importantes.

«Les expériences de contrôle des réserves se sont soldées par des hausses de primes importantes.»

Roman Seiler

Aujourd’hui, l’histoire se répète: les primes approuvées par l’autorité de surveillance se sont révélées trop élevées au cours des dernières années. Les réserves de capital étant aujourd’hui deux fois plus importantes qu’elles ne devraient l’être, le conseiller fédéral Alain Berset exige désormais des assureurs de base qu’ils réduisent leurs réserves. De manière volontaire, officiellement. En coulisse, toutefois, l’OFSP exerce sur les caisses une très forte pression pour qu’elles baissent leurs primes, quitte à ne pas couvrir les coûts.

Pour l’heure, ces calculs tiennent encore la route. De brillants résultats réalisés sur les titres des assureurs ont limité les pertes d’exploitation des assureurs-maladie l’année dernière, ce qui permet aux réserves d’absorber les pertes attendues pour l’exercice en cours. Et ce, même si le vent tourne sur les marchés financiers et que les pertes en capital paraissent imminentes.

Il n’empêche qu’Alain Berset serait bien avisé de ne pas toucher davantage aux réserves. Pour contenir les hausses de primes, il vaudrait mieux éviter les coûts de santé inutiles. Or la mise en œuvre politique de telles mesures demeure compliquée. C’est la raison pour laquelle l’OFSP et le Parlement repoussent sans cesse des réformes en ce sens ou les abandonnent, tout simplement.

Roman Seiler

Roman Seiler est journaliste économique retraité. Depuis 1995, il publie régulièrement des articles et commentaires au sujet du système de santé. Il a notamment écrit pour le journal «cash», le groupe Blick et CH Media.

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