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Les assurés en complémentaire, perdants du jeu de pouvoir

L’idée est simple: en concluant une assurance avec prestations hôtelières, le patient obtient le droit de séjourner dans une chambre à un ou deux lits en cas d’hospitalisation. L’assurance complémentaire est peu onéreuse, car le libre choix du médecin n’est pas compris.

Roman Seiler, est journaliste économique retraité.

21. juin 2021

C’est pourquoi ce produit, lancé à la fin des années 1990, n’a jamais eu de succès. Les exploitants de cliniques ne souhaitent pas admettre dans leurs chambres à un ou deux lits des assurés avec des complémentaires qui se font traiter selon les tarifs de l’assurance de base. Ils préfèrent les assurés qui, pour une opération, paient le forfait par cas prévu par l’assurance de base ainsi que, souvent, un supplément accordé par leur assurance complémentaire.

La double facturation est un sujet qui préoccupe depuis longtemps. En principe, seules les prestations supplémentaires – non couvertes par le forfait par cas de l’assurance de base – peuvent être financées par l’assurance complémentaire. Cela concerne notamment le libre choix du médecin. L’Autorité de surveillance des marchés financiers exige désormais des caisses-maladie qu’elles remboursent uniquement ces prestations. Le Surveillant des prix fait pression sur tous les hôpitaux et négocie avec eux à l’amiable des tarifs plus bas pour l’assurance complémentaire.

Si ces efforts sont couronnés de
succès, les assurés en complémentaire bénéficieront de primes moins chères. Une rémunération plus faible réduit la tentation pour les médecins d’effectuer des opérations inutiles, ce qui soulage l’assurance de base. De surcroît, le lancement de nouvelles offres d’assurance novatrices devient plus intéressant financièrement.

Il faut faire la transparence sur les restrictions en matière de libre choix du médecin et de l’hôpital.

Roman Seiler

Un certain temps devrait cependant encore s’écouler avant que les caisses-
maladie s’accordent avec les hôpitaux et leurs spécialistes sur des indemnisations moins élevées. En conséquence, les assureurs se retrouvent dans une situation de vide contractuel avec les cliniques. Il s’agit pourtant d’éviter que les personnes possédant une assurance complémentaire soient les grands perdants de ce jeu de pouvoir. Pour une fois, les caisses-maladie devraient faire la transparence sur le fait que le libre choix du médecin et de l’hôpital peut être restreint malgré tout. Et qu’il faut s’en accommoder dans certains cas.

En fin de compte, les assurés en complémentaire d’un certain âge ont dépensé des milliers de francs pendant des dizaines d’années pour être traités en cas de besoin dans la clinique de leur choix, hébergés dans une chambre à un ou deux lits. Telle est la promesse faite par les caisses-maladie à leurs futurs clients. 

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