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Primes de caisses-maladie: inadéquates pour favoriser l’économie

L’assurance de base, financée de manière solidaire, ne favorise pas le développement économique. En effet, ce qui profite au domaine de la santé comme moteur économique ne va pas dans le sens des intérêts des assurés.

Matthias Schenker, chef Politique de la santé de la CSS Assurance

18. février 2021

La branche de la santé est devenue ces trente dernières années le plus important marché en expansion dans le pays. Cela n’est pas étonnant, car le rendement et la couverture des coûts sont majoritairement garantis dans ce secteur, contrairement à d’autres branches. Le financement se compose principalement de contributions sociales, concrètement par les primes AOS et les recettes fiscales. Pour leur part, les fournisseurs de prestations ne doivent craindre presque aucune concurrence. En effet, l’obligation de contracter exclut la possibilité d’une véritable concurrence prédatrice. Ici, l’offre génère la demande.

Du point de vue économique, cette évolution semble positive à première vue. C’est pourquoi, pour de nombreux cantons, ce secteur, qui offre de nombreux emplois et constitue une source bouillonnante de recettes fiscales, vaut la peine d’être soutenu et protégé.

«La croissance incontrôlée entraîne des surtraitements et des traitements non indiqués.»

Matthias Schenker

L’ennui est que les coûts constamment en hausse générés par ce secteur sont substantiellement couverts par l’assurance obligatoire des soins. Les primes d’assurance-maladie, qui augmentent d’année en année, représentent précisément cette évolution inquiétante.

Ce qui profite à la place économique ne va donc pas nécessairement dans le sens des intérêts des assurés. En effet, alors que ces derniers bénéficient d’un accès direct aux offres de soins globales, la croissance quasi incontrôlée, qui ne se base pas sur les besoins effectifs en matière de santé, entraîne des surtraitements et des traitements non indiqués.

En même temps, certains cantons réduisent leurs contributions aux réductions de primes alors qu’ils profitent de la puissance économique de l’industrie de la santé. Pour de nombreux ménages, cela signifie qu’ils atteignent la limite de ce qu’ils peuvent supporter et doivent limiter leur comportement de consommation, ce qui est insensé du point de vue économique. L’assurance de base financée de manière solidaire ne favorise donc pas le développement économique. Elle doit uniquement garantir à la population un accès aux soins efficient et adapté aux besoins. En revanche, il faut financer la croissance économique de notre poche. Nous ne pouvons pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

Foto: Herbert Zimmermann

Matthias Schenker

est chef Politique de la santé de la CSS Assurance.

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