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Système de santé: l’épargne sert l’économie

Roman Seiler, est journaliste économique retraité.

19. février 2021

Un pays de cocagne pour les entrepreneurs et investisseurs innovateurs, mais un poids croissant pour les payeurs. Dans le système de santé, les plus forts taux d’augmentation des coûts sont justement enregistrés dans l’assurance obligatoire des soins. Dans son rapport «Mesures visant à freiner la hausse des coûts, 2e volet», le Conseil fédéral rappelle, à raison, que la loi en question vise une assurance-maladie socialement acceptable et non la garantie du revenu et des bénéfices des fournisseurs de prestations.

Les primes toujours plus élevées ainsi que les dépenses croissantes consacrées à certaines prestations – dentiste par exemple – grèvent le budget des familles de la classe moyenne. En effet, la population suisse paie de sa poche deux tiers des dépenses relatives aux prestations de santé. Cela constitue un frein à la consommation.

Dans notre système de santé, la marge est pourtant encore bien grande en matière de qualité et d’efficience. La plupart des améliorations dans ce domaine ont échoué malgré une réglementation renforcée. Alain Berset saisit donc l’occasion offerte par l’initiative du PDC pour un frein aux coûts de la santé. Le ministre de la santé entend imposer
à tous les cantons un objectif de croissance. En cas de dépassement de
celui-ci, des mesures correctives telles qu’une baisse des tarifs doivent être mises en place.

«Il s’agit de favoriser un rapport coûts-bénéfice de façon ciblée à l’aide de modèles alternatifs d’assurance.»

Roman Seiler

Un monstre bureaucratique qui affecte tous les fournisseurs de prestations. Pourtant, il suffirait de punir les moutons noirs, à savoir ceux qui optimisent leurs revenus au moyen de traitements inutiles ou qui travaillent tout simplement mal. On pourrait y parvenir à l’aide de modèles alternatifs d’assurance qui favorisent de façon ciblée un rapport coûts-bénéfice élevé.

Les assurés devraient par exemple s’engager à se faire traiter uniquement par des médecins ou dans des hôpitaux indiqués par l’assureur. Ce dernier dispose des informations nécessaires pour recommander aux patients les fournisseurs de prestations proposant un travail de qualité à des tarifs raisonnables.

Certes, pareils modèles restreignent davantage que d’autres le libre choix du médecin. En guise de compensation, les assurés devraient pouvoir bénéficier d’un rabais approprié. Dans l’idéal, il se peut que les patients aient également un risque moins élevé de subir des complications lors d’un traitement pour cause d’accident ou de maladie. Ils guérissent plus rapidement, ce qui est un avantage aussi pour la santé de notre économie. 

Roman Seiler

est journaliste économique retraité. Depuis 1995, il publie régulièrement des articles et commentaires au sujet du système de santé. Il a notamment écrit pour le journal «cash», le groupe Blick et CH Media.

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